Jeudi 27 novembre 2008

La rhétorique : ou l'@rt de persuader par le discours

Ensemble des procédés et des techniques réglant l'art de s'exprimer, l'art du discours de manière à persuader.

Son enseignement, dans la Grèce ancienne, distingue 4 phases essentielles :

  • l'invention ou recherche d'arguments : tout ce qui concerne la recherche des idées et leur développement en fonction du sujet à traiter et des destinataires à toucher. Inséparable de la topique.
  • la disposition ou mise en ordre des arguments : tout ce qui concerne la construction du discours, ses différentes parties, ses transitions, etc.
  • l'élocution ou travail de style : tout ce qui concerne les procédés touchant au style, aux sons, aux rythmes, etc.
  • l'action ou art de prononcer le discours : les moyens à mettre en œuvre pour dire et jouer le texte qu'on prononce, comme le ferait un acteur. C'est la partie la plus externe de l'art oratoire.
  • la mémoire : les moyens de retenir un texte préalablement composé, ou d'improviser à partir d'un « stock » de formes pré-définies.

Nous pouvons aisément transposer ces notions vers les domaines de la création visuelle, l'art de s'exprimer par l'image,...


Nous le constatons dans cette définition, sont réunis les notions de science, de techniques et d'art, mêlant ainsi la maîtrise, l'habileté et d'une manière non négligeable, l'esthétique.


La topique :

La topique désigne en rhétorique les procédés permettant de trouver de la matière et des thèmes pour les discours. La topique est plus précisément le relevé systématique des thèmes et idées communes (ou «lieux communs») qui doivent servir de fil rouge dans la recherche et le choix des thèmes.


La rhétorique de l'image :

C'est à Roland Barthe que nous devons la notion de rhétorique de l'image. C'est lui qui le premier a étudié l'agencement interne d'une image fixe. Pour démontrer ses théories, il a étudié une publicité Panzani en 1964...




 

Publicité "Panzani" 1964


 

Pour lire l'exposé de Roland Barthe sur la rhétorique de l'image et son analyse de cette publicité, voir [PageS]

[Roland Barthes - Exposé sur la Rhétorique de l'imagE] (menu de droite)


 

...Fin

Par Fabrice Dumont - Publié dans : [Prérequis théoriqueS]
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Dimanche 30 novembre 2008

Analyse au premier degré :

Analyse formelle d'un document en se souciant uniquement de le décrire dans tous ses aspects visuels de manière précise et avec un vocabulaire adéquat. Répertorier, décrire, classifier les éléments. Signaler les emplacements de ces derniers et souligner leurs relations formelles.


  • notions de "vide" et "plein".
  • typographie (famille de police, grandeur des blocs typographiques,...)
  • genre de formes (cercles, carrés, rectangles,triangles,...)
  • noir et blanc ou couleurs
  • sens de la lecture
  • lignes de force
  • composition
  • plans cinéma
  • angles de vue
  • ...

Analyse au second degré :

Analyse d'un document au niveau du sens (analyse sémantique) par des méthodes libres suivant ses valeurs personnelles et ses valeurs culturelles,... Par des méthodes à caractère plus élaboré ou des procédures scientifiques initiées par des spécialistes, des linguistes.


  • tableau de Jakobson.
  • schéma de la communication de Shannon et Weaver.
  • échelle des besoins de Maslow.
  • linguistique (au niveau sémantique, stylistique, syntaxique,...).
  • analyse transactionelle.
  • ...

... A réviser !

Par Fabrice Dumont - Publié dans : [Prérequis théoriqueS]
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Lundi 1 décembre 2008


Image :

Représentation d'un être ou d'une chose par les arts graphiques ou plastiques, la photographie, le film,...


Message graphique :

Procédure de communication matérialisée sous la forme d'un assemblage de différents éléments tels que dessins, lettrages, photos, signes, symboles, logos,... formant ainsi par leur agencement un tout cohérent délivrant une unité de sens.


Message typographique :

Procédure de communication graphique matérialisée sous la forme d'un texte imprimé.


Composition :

Arrangement des parties, ordonnance de ces dernières dans une oeuvre littéraire ou artistique. Dans le cas d'un document publicitaire, il s'agit d'organiser cette composition pour anticiper la chronologie de perception du spectateur et ainsi la diriger.


Cohérence graphique :

Harmonie de forme et/ou de technique entre tous les éléments d'une oeuvre graphique lui conférant une impression d'unité.


Chronologie de perception :

Positionnements successifs du regard sur une oeuvre ou un document. Ces derniers peuvent être dirigés par l'agencement de la composition, le placement des éléments les uns par rapport aux autres et les lignes de forces les reliant ainsi. (Utile au processus de mémorisation)


Lignes de force :

Lignes imaginaires passant par un ensemble d'éléments +/- contigus semblant les relier entre eux et dirigeant notre regard et notre intérêt. Sachant que nous lisons, du moins dans notre culture occidentale, de gauche à droite et du haut vers le bas, la mise en page et le placement stratégique des éléments est primordial sachant que ce processus de lecture doit se prévaloir sur toute considération d'ordre esthétique.
Nous considérons quatre familles de lignes de force :

  • les lignes de force horizontales.
  • les lignes de force verticales.
  • les lignes de force obliques.
  • les lignes de force de type sinusoïdal ou de forme arrondie.

Plans cinéma :

Différentes manières de cadrer une scène filmée et par extension photographiée par ordre décroissant de grandeur :

  • plan général : qui montre la totalité d'un paysage ou un large espace.
  • plan d'ensemble : qui montre le lieu de l'action.
  • plan moyen : qui montre un ou plusieurs personnages en pied.
  • plan américain : le personnage est cadré à mi-cuisse.
  • plan rapproché : le personnage est cadré à la hauteur de la taille ou de la poitrine. Ex : la photo de mon profil :)
  • gros plan : qui montre un visage ou un objet.
  • très gros plan : intérêt pour la matière ou par exemple l'expression d'un regard.

Angles de vue :

  • vue de face ou vision frontale : a une fonction de contact. Elle donne l'impression au spectateur ou au lecteur que le personnage s'adresse directement à lui. Particulièrement efficace en matière de publicité et surtout concernant les affiches électorales (capter l'attention, regarder le public droit dans les yeux pour susciter la confiance, s'engager... Donne une impression d'intimité, de dialogue). Ce procédé peut avoir des effets négatifs : le destinataire de l'image peut se sentir agressé!
  • vues de dos ou de profil : expriment toutes les deux des intentions particulières. La vue de dos crée un effet insolite et énigmatique. Le personnage est évidemment difficilement déchiffrable. Y-a- il une volonté de conserver un anonymat ? Interpelle au niveau des convenances sociales. La vue de profil : on a l'impression de pouvoir l'observer à son insu, de se préparer à une réaction de sa part.
  • vue de trois quarts : l'effet d'apostrophe s'adoucit par rapport à la vision frontale et se transforme en invitation à regarder à l'arrière-plan, à se joindre au personnage. L'affirmation du personnage est moins forte.
  • vue en plongée : le regard domine le décors et le personnage. la plongée sur un décor permet de situer les lieux pour les décrire au moyen d'un plan d'ensemble par exemple. Au-dessus d'un personnage, elle donne l'impression de le dominer, d'avoir un pouvoir de vie et de mort sur ce dernier (meilleur exemple : les jeux vidéos)
  • vue en contre-plongée : celui qui regarde, le spectateur, est situé en contre-bas du sujet. l'effet peut être positif s'il n'est pas trop appuyé : la personne représentée donne une impression de puissance, de volonté et de personnalité, de protection et de bienveillance. Trop accentuée, l'image apparaît autoritaire et despotique.
...A réviser !
Par Fabrice Dumont - Publié dans : [Prérequis théoriqueS]
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Jeudi 4 décembre 2008

Toutes ces notions empruntées pour la plupart à la linguistique, sont transposables à l'analyse des messages issus de la communication visuelle. Elles sont parfois voisines dans les nuances mais ont pour cette raison même leur place légitime dans cette énumération. De par leurs spécificités, elles apportent toutes un éclairage précis et unidirectionnel.

Les signes [S] :

Ils sont les éléments constitutifs d'une communication orale,écrite, graphique ou plastique. Ils obéissent à des règles de choix et d'agencement. Ces contraintes peuvent toutefois être transgressées pour faire place, par l'emploi original de ces signes, à une expression personnelle,créative ou fantaisiste. En matière de linguistique , le signe peut être : le nom "boîte", le verbe "chanter", la terminaison "ez" des verbes conjugués à la 2ème personne du pluriel de l'indicatif présent, le "s" indiquant le pluriel des noms,...




Le signe est une unité composée de l'association d'un signifiant et d'un signifié :


S=SA/SE



Le signifiant  [SA] :

Forme concrète du signe (ex : symbole graphique)

Le signifié [SE] :

contenu sémantique du signe (sa signification)

Exemple :

On vous offre des fleurs à l'occasion de votre anniversaire !

Le signifiant exprimant la réalité se perçoit à l'aide de nos cinq sens :

  • On voit les fleurs.
  • On peut sentir les fleurs.
  • On peut entendre prononcer les sons [flöR]
Le signifié est un concept, la représentation intellectuelle du signifiant, l'idée à laquelle le signifiant renvoie :
  • La signification symbolique de ces fleurs.
  • Le fait de vous offrir ces fleurs en témoignage d'amitié ou d'amour.
  • Le souvenir que ces fleurs évoqueront pour vous.

Le sens propre :

Le sens premier d'un mot, d'une expression,le plus proche du sens étymologique ( du mot d'origine).

Le sens figuré :

Le sens d'un mot perçu comme le résultat d'une figure de style (ex : métaphore ou métonymie).

La dénotation :

L' ensemble des éléments fondamentaux et permanents du sens d'un mot. Signification première d'un mot.
Ex : le coq = l'animal de basse cours.

La connotation :

L'ensemble des significations secondes d'un mot en dehors de sa signification première.
Ex : le coq = le patriotisme français.

La monosémie :

La propriété d'un mot qui n'a qu'un seul sens. Ex : le séquoia.

La polysémie :

La propriété d'un mot qui a plusieurs sens.

L'objectivité :

La qualité de ce qui est conforme à la réalité, de ce qui décrit avec exactitude.
Ex : L'objectivité d'un récit journalistique.

La subjectivité:

La qualité de ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun.
Ex : L'interprétation subjective d'un texte.

Les contenus explicites :

Se dit de contenus clairs sous tous les points exposés sans ambiguïté.

Les contenus implicites :

Se dit de contenus non exprimés en termes précis et formels mais toute fois présents. Souvent les conséquences des faits exprimés.

Les valeurs personnelles :

Les valeurs qui vous sont propres. Ce qui est posé comme vrai, bon ,essentiel, prioritaire selon des critères personnels et sert de référence, de principe moral.

Les valeurs culturelles :

Les valeurs relative à la culture d'une société ou d'un individu, servant de références et se révélant être essentielles
à son développement.

Les références culturelles :

Les références qui font autorité, qui servent d'exemple, auxquelles renvoient nos connaissances, nos jugements.

Les codes culturels :

Un code culturel est toujours un ensemble de signes dont les définitions et les significations sont admises par un groupe social.
Ex : le code de la route, le code de la politesse, le code "art réaliste".
Certains codes fixent des règles de combinaisons entre les éléments. De nouvelles significations peuvent alors apparaître. Ainsi un homme en chemisette, short et sandales est connoté comme un vacancier, comme un gars cool. Si il porte une casquette à grande visière et un camescope, il sera connoté comme touriste. S'il débarque, habillé de cette manière, dans un bistro, au mois de novembre, il passera pour un original. S'il est député, qu'il arrive accoutré de cette manière au parlement, il passera au mieux pour un provocateur, un révolutionnaire, au pire pour un fou. Consciemment ou inconsciemment, on se réfère aux codes culturels de la société dans laquelle on vit. pour faciliter la communication dans le cadre, par exemple, de la création d'une publicité, le créateur et le lecteur doivent avoir des codes communs, les mêmes références. Ex : Dans les cultures occidentale, orientale ou moyen-orientale, les codes culturels étant différents, les campagnes de publicités seront envisagées en tenant compte de ceux-ci.

Le code dénotatif :

Chaque élément porte une seule signification, strictement dénotative.
Ex : Code des mathématiques, code des signaux de marine, alphabet,...

Le code connotatif :

Chaque élément porte un sens dénoté et une ou plusieurs significations connotées. Ces connotations codées sont aussi appelées symboles.
Ex : une poignée de mains peut symboliser la rencontre, l'estime, l'amitié, la réconciliation, ... Les codes connotatifs sont donc des codes ouverts qui laissent leur place aux connotations personnelles. Un même signe peut renvoyer à plusieurs codes : le caviar renvoie à la pêche, à la nourriture, à l'art de la table, à la Russie,...

Le symbole :

Signe figuratif, être animé ou chose, qui représente un concept, qui en est l'image, l'attribut, l'emblème.
  • Le drapeau, symbole de la patrie.
  • La balance , symbole de la justice.
  • La colombe, symbole de la paix.
  • La croix, symbole de l'Église chrétienne.
Représentation graphique d'une chose, d'une personne, d'un concept.

Le logo(type) :

Représentation graphique d'une marque commerciale, du sigle d'un organisme.

L'emblème:

En héraldique, figure symbolique généralement accompagnée d'une devise (sur blason,...)
Être animé ou objet concret destiné à symboliser une notion abstraite ou à représenter une collectivité, un métier, une personne,...

Le slogan :

  • Formule brève et frappante lancée pour propager une opinion, soutenir une action. Slogan politique.
  • Phrase publicitaire concise et originale, conçue en vue de bien inscrire dans l'esprit du public le nom d'un produit, d'une firme.


... Provisoirement complet !






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Jeudi 4 décembre 2008

1. Le schéma de la communication de Roman Jakobson :

Cet outil est surtout utilisé pour réfléchir sur le message de la communication dite verbale. Il décrit les différentes fonctions du langage. Le schéma est composé de six facteurs correspondant à ces six fonctions.

    Le référent/Le contexte
Fonction référentielle
   
         
L'émetteur/Le destinateur
Fonction expressive
  Le message
Fonction poétique
  Le récepteur/Le destinataire
Fonction conative
         
    Le canal/Le contact
Fonction phatique
   
         
    Le code
Fonction métalinguistique
   

Cadre idéal d'une bonne communication :

  1. Il doit y avoir un message (évident).
  2. Le destinateur doit envoyer ce message au destinataire.
  3. Le destinataire est censé recevoir le même message.
  4. Le message est transmis dans un contexte auquel il renvoie (culturel, social,...) qui doit être saisissable par le destinataire.
  5. Il faut maintenir le contact entre les deux protagoniste, liaison physique ou psychologique.
  6. Le message requiert un code commun aux deux intervenants faisant appel aux notions d'encodage et de décodage.

Les fonctions du langage :

La fonction expressive :
Expression des sentiments du locuteur.
Elle est utilisée par le destinateur pour renseigner le destinataire sur sa propre personnalité, ses pensées, son attitude à l'égard du sujet évoqué, son capital émotionnel engagé.

La fonction conative :
Fonction relative au destinataire.
Fonction qui va forcer l'émetteur à agir sur le récepteur en l'incitant à écouter,à agir ou à s'émouvoir. Celle-ci apparaît clairement dans les situations où la finalité de la communication est de faire agir le destinataire dans le sens souhaité par le destinateur, l'influencer. Cette fonction est très présente dans les messages publicitaires. Elle trouve son expression grammaticale la plus pure dans l'emploi de l'impératif.

La fonction phatique :
Mise en place et maintient de la communication. Elle permet de provoquer, de maintenir ou interrompre le contact physique et psychologique avec le récepteur. Elle permet aussi de vérifier le passage physique du message. Il s'agit de rendre la communication effective et opérante avant la transmission d'informations utiles.
Ex : "allo" au début d'une communication téléphonique, la composition originale d'une publicité, l'accroche d'un slogan ou d'une photo,...

La fonction métalinguistique :
Le code lui-même devient objet du message. c'est la fonction relative au code, le dictionnaire, le mode d'emploi de lecture et surtout de compréhension du message. avant d'échanger des informations, il est peut-être utile de vérifier si les interlocuteurs  utilisent le même code. Cette fonction consiste donc à utiliser un langage pour expliquer ou traduire un autre langage. Les mots grammaire, verbe, nom, adjectif sont des termes métalinguistiques. Les termes techniques appartenant au champs de la linguistique.
Ex : (dictionnaire "le petit larousse illustré") nom : n.m.
1. mot servant à désigner une personne, un animal, une chose et à les distinguer des être de même espèce. 
[...]
8. catégorie grammaticale regroupant les mots qui désignent soit une espèce ou un représentant de l'espèce (noms communs), soit un individu particulier (noms propres).
Dans la seconde définition, le mot "nom" désigne un terme métalinguisitique.

La fonction référentielle :

Cette fonction est orientée vers le contexte ou référent dans la mesure où il va  influencer le message.
Le référent d'une communication peut être par exemple la pièce ou l'endroit où se trouvent les interlocuteurs ou alors à l'intérieur d'une culture, d'un pays.

La fonction poétique :
Elle est la fonction dominante car elle est relative à la forme du message dans la mesure où elle a une valeur expressive propre.
Elle met en évidence la matérialité des signes et du code. Cette fonction permet de faire du message un objet esthétique. Elle met en évidence l'euphonie, l'ordre des mots, le niveau de langue, le ton, la hauteur de la voix (s'il s'agit d'une communication orale).
Ex. concernant le niveau de langue :
  • Puis-je me permettre d'emprunter votre crayon ?
  • File moi ton crayon !
  • Peux-tu me passer ton crayon ?

Un message est dit « verbal » lorsqu’il est fait dans une symbolique écrite ou orale, impliquant une concision et des normes communes (une langue, ou plus généralement un langage) le dépassant. Cela inclut l’écriture, la langue des signes, la voix... L’art de conceptualiser ce message dans un langage afin de minimiser les interférences est appelé Rhétorique.

Il est dit « non verbal » lorsqu’il se base sur la compréhension implicite (culturelle souvent) de gestes, de couleur, ou d’odeur, non conceptualisé par un langage.

2. Le modèle de communication de Shannon et Weaver :

Ce modèle désigne un modèle linéaire simple de la communication : cette dernière y est réduite à sa plus simple expression, la transmission d'un message. La communication est décomposée en étapes, en séquences de processus qui s’enchaînent. Il va mettre en lumière les facteurs qui vont perturber la transmission de l'information (bruit). Il est souvent cité comme le modèle canonique de la communication.


Ce modèle est apparu, en 1948, dans "Théorie mathématique de la communication". Ce schéma sert à deux mathématiciens Claude Shannon (père entre autres de nombreux concepts informatiques modernes) et Warren Weaver (scientifique versé tant dans la vulgarisation que dans la direction de grands instituts), à illustrer le travail de mesure de l'information entrepris pendant la Seconde Guerre mondiale par Claude Shannon (ce dernier a été embauché par Weaver à l'Office of Scientific Research and Development pour découvrir, dans le code ennemi, les parties chiffrées du signal au milieu du brouillage). À l'origine, les recherches de Shannon ne concernent pas la communication, mais bien le renseignement militaire. C'est Weaver qui a "traduit" la notion de brouillage par celle de "bruit", la notion de signal par "message", la notion de codeur par "émetteur", la notion de décodeur par "récepteur"... Jusqu'à la fin de sa vie, Claude Shannon se défendra contre la reprise du soi-disant modèle pour autre chose que des considérations mathématiques. (Wikipédia)


        Bruit        
               
Source Emetteur
(codage)
Canal
Récepteur
(décodage)
Destinataire
  Message   Signal   Signal   Message  


« Un émetteur, grâce à un codage, envoie un message à un récepteur qui effectue le décodage dans un contexte perturbé de bruit. »


→L'émetteur, le canal et le récepteur sont des intermédiaires techniques.
→Le bruit est une source d'interférence susceptible de détériorer le signal est donc d'affecter la communication.

La communication ainsi modélisée place en tête des préoccupations la lutte contre le bruit, dans le but d'améliorer la fiabilité de la transmission, et ensuite de pouvoir réduire la redondance (portions superflues, inutiles parce que répétitives du message) et ainsi augmenter les capacités et les débits de transmission.

Les apports de Warren Weaver vont humaniser le schéma purement technique de Claude Shannon. Il complète le schéma de Shannon en y introduisant un récepteur sémantique entre le récepteur technique (qui transforme les signaux en message) et le destinataire. Ce récepteur soumet le message à un second décodage, destiné à mettre un sens sur les mots reconstitués, à accorder les caractères sémantiques des messages avec les possibilités sémantiques des destinataires. De même, Weaver suggère d'insérer entre source et émetteur un paramètre supplémentaire qualifié de bruit sémantique, rendant compte de phénomènes de perturbations ou de distorsion de signification.


  Bruit
sémantique
    Bruit
technique
    Récepteur
sémantique
 
           
Source Emetteur
(codage)
Canal
Récepteur
(décodage)
Destinataire
  Message   Signal   Signal   Message  


Bruit sémantique : tout élément susceptible de perturber le codage, le décodage et le décodage sémantique (fatigue, distraction, maladie, ivresse, préjugés…)

Aussi, Weaver introduit « les trois niveaux des problèmes de communication » :

  • technique : précision de transmission des symboles de la communication
  • sémantique : les symboles véhiculent-ils la signification désirée ?
  • efficacité : influence sur les comportement et attitudes.
C'est un schéma simpliste qui ne peut pas s'appliquer à toutes les situations de communication. Il ignore la pluralité des récepteurs. Il laisse de côté les éléments psychologiques et sociologiques. Il n'y a pas de phénomène de boucle ou de rétroaction au vu de son caractère linéaire.

3. Le feedback ou processus de régulation (Wiener) :

complète le modèle de communication de Shannon et Weaver.

Le feedback désigne la réaction du récepteur au message émit et son retour vers l'émetteur. Cette notion a permis de franchir un pas en passant d'une vision linéaire de la communication à la conception d'un processus circulaire. Emetteurs et récepteurs interagissent.


Norbert Wiener,  mathématicien lui-aussi, est le père fondateur de la science générale des systèmes mieux connue sous le nom de "cybernétique" qu’il définit dans son ouvrage «Cybernetics or control and communication in the animal and the machine » (1948).

La cybernétique : sciences du contrôle et des communications dans l’homme, l’animal et la machine.

→ Science qui se donne pour objet l’étude des systèmes vivants et non vivants ; la science des régulations au sein des organismes vivants et des machines.


Notre monde est intégralement constitué de systèmes, vivants ou non-vivants, imbriqués et en interaction. Peuvent ainsi être considérés comme des "systèmes": une société, une économie, un réseau d'ordinateurs, une machine, une entreprise, une cellule, un organisme, un cerveau, un individu, un écosystème…

Un système cybernétique peut être défini comme un ensemble d'éléments en interaction, les interactions entre les éléments peuvent consister en des échanges de matière, d'énergie, ou d'information.

Ces échanges constituent une communication, à laquelle les éléments réagissent en changeant d'état ou en modifiant leur action. La communication, le signal, l'information et la rétroaction sont des notions centrales de la cybernétique et de tous les systèmes, organismes vivants, machines, ou réseaux de machines.

L'approche cybernétique d'un "système" consiste en une analyse globale des éléments en présence et surtout de leurs interactions. Les éléments d'un système sont en interaction réciproque. L'action d'un élément sur un autre entraîne en retour une réponse (rétroaction ou feedback) du second élément vers le premier. On dit alors que ces deux éléments sont reliés par une boucle de feedback (ou boucle de rétroaction).


Entrée   Support physique   Sortie
         
Source
Emetteur
Canal
Récepteur
   
 
Cerveau
de
l'émetteur
 
 
  ↑     Bruit parasite    ↓  

       ↓  
 ↑   ←   ← Feedback ←
↓ 

Wiener distingue deux types de feedback :

  • Le feedback positif  est celui qui conduit à accentuer un phénomène avec un effet boule de neige. Les réaction de B renforcent l'attitude de A (ex : énervement entre deux personne).
  • Le feedback négatif  est celui qui amortit un phénomène, qui tend à maintenir la relation dans un état de stabilité et d'équilibre. Les réaction de B conduisent A à se corriger.

4. Le modèle de communication de Harrold D.Lasswell :

"Qui dit quoi par quel canal à qui et avec quel effet ?" 

→ paradigme des 5 Q ou paradigme des effets = cadre conceptuel de la sociologie fonctionnaliste des médias.

Harrold Dwight Lasswell est un spécailiste américain de la communication de masse (sociologue) et de la science politique (politologue). Selon lui , on peut décrire une situation ou une action de communication en répondant aux questions suivantes :

  • QUI ? : correspond à l'analyse de régulation, à l'étude sociologique des milieux et organismes émetteurs (motivation de communiquer) → institutions médiatiques, leur organisation, leurs dirigeants, les journalistes,...
  • DIT QUOI ? : c'est l'analyse du contenu, se rapporte au contenu du message, au message diffusé → émission de télévision, article de presse,...
  • PAR QUEL MEDIA OU CANAL ? : c'est l'analyse des médias, désigne l'ensemble des techniques qui à un moment donné et pour une société déterminée, diffusent à la fois de l'information et de la culture.
  • A QUI ? : c'est l'analyse du public, vise l'auditoire, le public, l'audience avec des analyses selon des variables ( âge, sexe,...)
  • AVEC QUELS EFFETS ? : c'est l'analyse des effets, suppose une analyse des problèmes d'influence du message sur l'auditoire.
Laswell s'intéressant surtout à la propagande politique, à la communication de masse, son modèle conçoit la communication comme un processus d'influence et de persuasion. On remarquera son caractère linéaire et unidirectionnel de ce qui demeure une variante ou un dérivé du modèle de Shannon et Weaver. Laswell comble toutefois une carence en y introduisant la question des effets sur l'auditoire. L'intérêt essentiel de ce modèle, assez simpliste, est de dépasser la simple problématique de la transmission du message et d'envisager la communication comme un processus dynamique constitué d'une suite d'étapes toutes aussi importantes les unes que les autres, ayant chacune leur spécificité, et leur problématique. Il limite le processus de communication à sa dimension persuasive. La communication est perçue comme une relation autoritaire. Il y a absence de toute forme de rétroaction.

Le modèle de Shannon et Weaver ainsi que celui de Laswell perçoivent la communication comme un processus linéaire centré sur le transfert d'informations et son efficacité. De plus, les situations semblent dégagées de tout contexte. Ces modèles sont tirés des héritages de la tradition béhavioriste. Les rôles de l'émetteurs et du récepteur sont totalement différentiés. Le récepteur est considéré comme passif, niant l'inter-influence entre les deux.

5. Le modèle de communication de Riley et Riley :

Les auteurs : Mathilda White Riley et Jhon White Riley.

Dans ce modèle, nous sommes des individus qui appartiennet à des groupes. L'émetteur est rebaptisé "communicateur".

Le communicateur et le récepteur font donc partie de groupes sociologiques (famille, communautés, petits groupes,...). Ces groupes d'appartenance influeraient la façon de voir, de penser et de juger de leurs membres. Et ces groupes évoluent dans un contexte social dont ils dépendent. Ce modèle introduit les notions de contexte social, d'appartenance à un groupe (sociologie), de boucle de rétroaction entre l'émetteur et le récepteur (réciprocité et inter-influence entre les individus).

Ce modèle est à l'origine des travaux sur la communication de groupe.







6. .....















Par Fabrice Dumont - Publié dans : [Prérequis théoriqueS]
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